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LES POLICIERS MUNICIPAUX RÉCLAMENT UN FORUM SUR LA DÉSINSTITUTIONNALISATION
Québec, le 1er mars 2006 – Aujourd'hui, lors d'une conférence de presse, le président de la Fédération des policiers et policières municipaux du Québec (FPMQ), M. Denis Côté, ainsi que le président de la Fraternité des policiers et policières de la Ville de Québec (FPPVQ), M. Bernard Lerhe, ont demandé au ministre de la Santé et des Services sociaux, M. Philippe Couillard, la tenue d'un forum avec les intervenants concernés sur la désinstitutionnalisation.
Le président de la FPPVQ a présenté les conséquences de l'augmentation du nombre d'interventions policières auprès des personnes souffrant de problèmes de santé mentale graves. Il estime que le manque de ressources en santé et en services sociaux se traduit par un accroissement inutile de la criminalisation de personnes aux prises avec ce type de problèmes. « Il est malheureux de constater que de nombreuses personnes se retrouvent dans la spirale du système judiciaire alors qu'elles devraient plutôt recevoir des services et des soins adaptés à leur condition » a déclaré M. Lerhe.
M. Lerhe a relevé les observations de la vérificatrice générale du Québec, M me Doris Paradis qui, déjà dans son rapport publié le 9 décembre 2003, soulignait le manque de ressources pour venir en aide aux personnes souffrant de problèmes de santé mentale graves qui, dans certains cas, se retrouvent à la rue ou derrière les barreaux. « Les policiers et les policières ont l'impression qu'aucun geste significatif n'a été accompli depuis pour renforcer le soutien à ces malades. On a le sentiment que nous devons intervenir de plus en plus souvent auprès de ces personnes qui ne reçoivent pas les soins auxquels ils ont droit », a ajouté M. Lerhe.
« Nous ne disons pas que la "désins" est un échec, nous disons seulement que de notre point de vue, là où nous pouvons l'apprécier pleinement, elle connaît de sérieux ratés » a tenu à souligner M. Lerhe. Nous devons faire ce débat car on ne peut plus continuer à considérer l'incarcération comme une alternative. Nous espérons, pour le bénéfice des hommes et des femmes souffrant de problèmes de santé mentale graves, et pour la protection du public, que le ministre Couillard verra l'urgence d'agir dans ce domaine » a conclu le président de la FPPVQ.
Le président de la FPMQ, M. Denis Côté, a affirmé que la situation est préoccupante également à l'échelle provinciale. Il a ensuite rapporté les propos de M me Penny Marrett de l'Association canadienne pour la santé mentale, qui déclarait récemment que nos pénitenciers sont devenus des entrepôts pour personnes atteintes de maladie mentale en raison de la fermeture d'hôpitaux psychiatriques et du manque de services à la communauté. M me Marrett réagissait ainsi au rapport annuel de l'Enquêteur correctionnel du Canada qui notait une hausse importante du nombre de détenus souffrant de problèmes de santé mentale dans les pénitenciers fédéraux. L'Enquêteur correctionnel estimait cette hausse à 61 % sur une période de sept ans, en plus de mentionner que la capacité des services correctionnels à s'occuper de ces personnes se détériorait.
« Aujourd'hui est une occasion de lancer le débat sur la place publique afin que nous ne délaissions pas les personnes souffrant de problèmes de santé mentale graves et pour que la société québécoise les prenne en charge en leur apportant le soutien adéquat. Soucieux du bien-être et de la sécurité de la population, les syndicats policiers se devaient de dénoncer cette situation » a-t-il conclu.
Une policière de Québec, Mme Sandra Dion, a ensuite fait le récit d'une agression au tournevis dont elle a été victime, commise par une personne ayant d'importants problèmes psychiatriques et dont la libération est prévue prochainement. Malgré son expérience douloureuse, Mme Dion considère qu'il est important de ne pas stigmatiser les personnes souffrant d'un problème de santé mentale grave. « Ce n'est surtout pas la façon de les aider », a-t-elle insisté. « Il faut d'abord et avant tout leur offrir les services et les soins dont ils ont besoin. » La policière Dion souhaite vivement que le ministre réponde favorablement à la requête des policiers et policières municipaux du Québec.
La Fédération des policiers et policières municipaux du Québec est un regroupement d'associations syndicales composées de plus de 8 000 policiers et policières municipaux de la province. Elle compte la Fraternité des policiers et policières de la Ville de Québec parmi ses associations, ainsi que la Fraternité des policiers et policières de Montréal à titre de membre associé.
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Source : Pour obtenir des entrevues , veuillez communiquer avec Christine Beaulieu, directrice des communications Corporation de servives de la FPMQ (514) 356-3321 Renseignements : Laurent Arel (514) 823-8474
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