Communiques

LA FÉDÉRATION DES POLICIERS MUNICIPAUX RECOMMANDE

D'INTERDIRE LES CELLULAIRES AU VOLANT

 

Québec, le 22 mars 2006 – Aujourd'hui, les représentants de la Fédération des policiers et policières municipaux du Québec (FPMQ) ont présenté la position de l'association à l'égard du document de consultation intitulé  « La sécurité routière au Québec : les cellulaires au volant, la vitesse excessive, les motocyclistes et les conditions hivernales », aux membres de la Commission des transports et de l'environnement. Le président de la FPMQ, M. Denis Côté, a proposé, entre autres, que l'utilisation du cellulaire au volant d'un véhicule en mouvement, y compris le cellulaire mains libres, soit interdite.

 

Les cellulaires au volant

 

M. Côté a cité cet extrait du rapport d'investigation du coroner Claude Paquin sur le décès de M. Michel Bourdeau, survenu le 6 août 2002, selon lequel il existe un lien entre l'usage du cellulaire au volant et les accidents de la route :

 

« En 2001, une étude demandée par la SAAQ et effectuée au Laboratoire sur la Sécurité des Transports de l'Université de Montréal (…) a démontré que le lien entre les cellulaires et les accidents routiers ne fait aucun doute . L'étude a démontré que si vous utilisez votre téléphone mobile tout en conduisant, vous augmentez de 38 % vos risques d'accident de la route. »

 

Il a également souligné les observations des policiers à ce sujet en ces mots : «  Nos policiers nous font remarquer qu'en effectuant leur patrouille, ils sont régulièrement témoins de manœuvres dangereuses effectuées par des conducteurs occupés à parler au téléphone. Ceux-ci semblent porter plus d'attention à leur conversation qu'à leur conduite. »

 

Le président de la FPMQ a mentionné que certaines études démontrent que l'utilisation du cellulaire mains libres est aussi une source de distraction pour la conduite automobile. La Fédération est d'avis qu'il faut interdire l'usage du cellulaire au volant d'un véhicule en mouvement, y compris le cellulaire mains libres et tout autre appareil pouvant distraire l'attention du conducteur, comme le système GPS et l'écran DVD.

 

La vitesse excessive

 

Le représentant syndical a rappelé aux membres de la Commission que la Fédération s'est toujours opposée au cinémomètre photographique et que sa position n'avait pas changé. Il a relevé les défauts reliés à cet outil, dont :

«  §   C'est le propriétaire du véhicule qui est sanctionné, sans égard à la faute. Le véritable fautif s'en tire;

«  §   On fait une entorse à nos règles de justice pénale et à la Charte des droits et libertés de la personne , en faisant supporter par le propriétaire une responsabilité absolue et, le cas échéant, en lui imposant le fardeau de se disculper;

 «  §   La possibilité que le véhicule soit capté par un dispositif électronique et qu'un constat soit expédié par la poste n'a d'ailleurs pas l'impact dissuasif que procurent la présence policière et l'interception sur le fait par un policier;

 «  §   En substituant les policiers par un dispositif électronique, on se prive d'un aspect important de la surveillance policière et du contrôle de la criminalité. »

La Fédération recommande plutôt que le ministère des Transports développe des programmes de contrôle routier, en partenariat avec le ministère de la Sécurité publique, la SAAQ, les municipalités et les services de police, ayant pour objectif de réduire les accidents dans les secteurs à risque.

 

M. Côté a affirmé que : « Le montant des amendes nous apparaît déjà suffisamment élevé. Les policiers ne sont jamais à l'aise de remettre des constats dispendieux à l'honnête travailleur qui se rend au boulot chaque matin et qui peut écoper d'une amende équivalant à plus d'une journée de salaire. On comprend sa frustration lorsqu'il reçoit son constat. » La FPMQ juge que  le cumul de points d'inaptitude représente le meilleur moyen dissuasif pour les délinquants de la route. Elle suggère, entre autres, que les points d'inaptitude soient comptés et cumulés selon la date de l'infraction et que le montant des amendes soit réduit ou, du moins, maintenu à son niveau actuel.

 

Autres recommandations

 

La FPMQ a énoncé ses autres recommandations, soit d'« assujettir les nouveaux détenteurs d'un permis de conduire de la classe 6 (les motocyclistes) à une période probatoire de deux années et d'obliger l'utilisation des pneus d'hiver pour la même période où l'utilisation des pneus à crampons est permise. »

 

En terminant, le président de la FPMQ a exprimé sa déception à ce qu'aucune association syndicale policière ne soit présente à la Table québécoise de la sécurité routière, alors que « les policiers et policières municipaux sont des intervenants ayant une importante expertise en matière de sécurité routière, puisqu'ils voient jour et nuit au respect des lois dans ce domaine. » L'association syndicale souhaite donc obtenir un siège à cette table.

 

Lors de son audition, M. Denis Côté était accompagné du président suppléant, M. Paulin Aubé, et de Me Guy Bélanger.

 

La Fédération des policiers et policières municipaux du Québec est un regroupement d'associations syndicales composées de plus de 8 000 policiers et policières municipaux de la province.

 

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Source :   

Christine Beaulieu, directrice des communications

Corporation de services de la FPMQ

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