Actualités Transfert de la desserte policière : Les policiers de Mont-Tremblant poursuivent la Ville de Mont-Tremblant

Publiée le 7 janvier 2020

TRANSFERT DE DESSERTE POLICIÈRE À MONT-TREMBLANT : LES POLICIERS POURSUIVENT LA VILLE DE MONT-TREMBLANT

Montréal, 7 janvier 2020 – En réponse à la décision de la Ville de Mont-Tremblant de transférer sa desserte policière à la Sûreté du Québec afin d’écraser un conflit de travail avec ses policiers, la Fraternité des policiers de la Ville de Mont-Tremblant (FPMQ) se voit obligée de se tourner vers les tribunaux. La Fraternité a déposé deux recours au Tribunal administratif du travail (TAT) contre la Ville de Mont-Tremblant.

Depuis plusieurs mois déjà, la FPMQ est certaine d’une chose : les policiers de Mont-Tremblant souhaitent régler le conflit de travail et passer à un autre appel. Alors qu’une offre de règlement globale est sur la table depuis novembre, les élus de Mont-Tremblant ont préféré ignorer cette offre et poursuivre leur projet de transfert de la desserte policière à l’encontre même ce que demandaient leurs propres citoyens.

À la séance extraordinaire du 11 décembre dernier, le Conseil municipal a livré sa décision aux citoyens, le service de police communautaire de Mont-Tremblant sera remplacé par une desserte de la Sûreté du Québec. Lors de cette séance, le maire Luc Brisebois a tenu un discours dans lequel tous ont compris la même chose : le changement de la desserte à Mont-Tremblant est une mesure de représailles contre les travailleurs et une tentative de se dégager de la responsabilité de régler un conflit de travail en cours. La Ville de Mont-Tremblant, en n’étant plus l’employeur des policiers dans le cas d’une desserte de la Sûreté du Québec, n’aurait plus à discuter avec ses policiers. La vérité est sortie de la bouche de M. Brisebois lui-même : « Les policiers contestent systématiquement l’autorité et font preuve d’un comportement souvent inapproprié pour ne pas dire totalement inacceptable. Peu importe ce que l’on fait, le conseil ne peut accepter cette situation, si on continue dans ce sens aussi bien de leur donner les clés de l’hôtel de ville. » Lors de cette séance, les élus de Mont-Tremblant ont dépeint un faux portrait de leurs propres policiers dans le but de légitimer leur décision, et la Fraternité ne peut tolérer que ses policiers et policières subissent un tel traitement de la part de leur employeur. La Fraternité conteste la décision de la Ville de Mont-Tremblant en vertu des articles 12, 13, 14 et 15 du Code du travail, parce que c’est intolérable que l’on détruise un corps de police pour éviter de faire face aux problèmes qui y existent !

Maintenant que la décision de la Ville de Mont-Tremblant est prise, la suite du dossier réside entre les mains sur Ministère de la Sécurité publique (MSP), puisque la décision finale lui revient. La FPMQ demande au MSP de faire preuve de beaucoup de rigueur dans son analyse du dossier. Devant un discours ouvertement antisyndical de la part du Maire Brisebois, la Fédération ne voit pas comment le gouvernement du Québec pourrait décider de s’associer à une telle démarche. Nous ne voyons qu’une issue plausible : le MSP doit refuser la demande de transfert de la desserte policière à Mont-Tremblant.

CITATIONS

« On s’explique beaucoup mieux maintenant le manque d’ouverture de la Ville de Mont-Tremblant à régler le conflit de travail. C’est dommage au final, parce que tout cela aurait pu être évité si les élus avaient fait preuve de bonne foi et d’écoute. L’offre globale que la FPMQ a présentée à la Ville de Mont-Tremblant ne réglait pas uniquement le conflit de travail, mais réglait aussi le climat de travail et la convention collective, bientôt échue, pour les 5 prochaines années. En plus, l’exécutif syndical presque en entier s’est engagé à démissionner si la Ville conservait son service de police communautaire, dans le but de faciliter de futures discussions entre le syndicat et la Ville. La situation que vivent les policiers et les policières à Mont-Tremblant ne fait aucun sens, c’est pour cette raison-là qu’on veut amener ça devant le TAT. Ce n’est pas normal qu’on prenne une décision irréversible avant d’être allé au bout de toutes les avenues possibles pour régler le vrai problème » explique Louis Lesage, Vice-président de la Fédération des policiers et des policières municipaux du Québec. 

« Nos démarches judiciaires, on les faits pour nos policiers et policières, mais on les fait aussi pour les nombreux citoyens de Mont-Tremblant qui nous ont contactés pour nous demander de faire quelque chose, de faire tout en notre pouvoir pour qu’ils puissent conserver leur police municipale. Ils sont inquiets et on les comprend, la décision de transférer la desserte policière à la Sûreté du Québec ne leur assurera jamais le même niveau de sécurité et la même qualité des services. Si nous gagnons nos poursuites, la décision de Mont-Tremblant sera invalidée et les citoyens pourront garder leur corps de police » s’exclame Serge-Alexandre Bouchard, président de la Fraternité des policiers de Mont-Tremblant

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